La semaine du 7 au 11 avril a été dédiée à la restitution du projets Fonds Pacifique sur la médecine traditionnelle utilisée chez les enfants dans le Pacifique. Pour l’occasion, deux séminaires ont été donnés. Un premier a été fait mardi 8 au Centre Culturel du Vanuatu et le deuxième a été réalisé jeudi 10 à l’Université Nationale du Vanuatu (UNV), tous les deux situés à Port-Vila sur l’île d’Efaté. Pendant ce séminaire d’une durée d’environ 1 heure, Rosalie Tudal (VSC au collège d’Agriculture de Santo, et chargé du projet au Vanuatu), Berry Palaud (un ancien étudiant de l’UNV ayant participé au projet au Vanuatu) et moi-même avons présenté les principaux résultats du projet. J’ai tout d’abord commencé par introduire le contexte, les objectifs et les méthodes du projet avant de laisser la parole à Rosalie et Berry pour qu’ils détaillent les enquêtes effectuées au Vanuatu. J’ai ensuite continué par présenter les enquêtes effectuées en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, avant que Rosalie reprenne la parole pour parler des similitudes et des différences entre les territoires d’étude. Berry a ensuite parlé de ce que lui a apporté le projet et des challenges rencontrés sur le terrain. Et finalement, j’ai conclu le séminaire en quelques phrases. La discussion qui a suivi a été très riche. Nous avons notamment parlé des variations en concentration des substances actives présentes dans les plantes en fonction de la saison, du lieu, du temps et de la méthode de collecte. Et donc de l’impact de cette variation sur l’efficacité et l’innocuité des plantes utilisées. Nous sommes revenu sur le décès d’un nourrisson de 16 mois à Bora Bora en Polynésie française en 2016 qui était traité exclusivement par la médecine traditionnelle et dont l’état s’est aggravé puis est décédé car le principe polynésien des 3 jours (3 jours de traitement traditionnel exclusif pour éviter les interactions avec les soins conventionnels) avait été mal appliqué. A la fin du séminaire, une personne m’a demandé quelles seraient les recommandations que les chercheurs donneraient pour éviter les intoxications aux plantes (et la médecine traditionnelle) chez les enfants. D’une manière générale, voici quelques recommandations à suivre pour de l’automédication avec des plantes : 1) éviter de traiter les nourrissons (< 2 ans) et les très jeunes enfants (< 6 ans) avec la médecine traditionnelle, 2) traiter exclusivement des pathologies bénignes sans signe de gravité (c’est-à-dire fièvre > 38°C, présence d’autres symptômes inquiétants), 3) respecter et réduire les doses chez les enfants, 4) veiller à l’évolution des symptômes et en cas d’aggravation, consulter un professionnel de santé, 5) consulter un professionnel de santé en cas de doute.

Un article de vulgarisation reprenant les principaux résultats de l’étude au Vanuatu a été diffusé sous format papier et est accessible en français ici, en anglais ici et en bislama ici.